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Travailler dans les assurances : métiers, salaires et formations en France

femme travaillant sur son ordinateur dans un open space

Le secteur de l'assurance emploie 162 300 salariés en France, dont 93,3 % en CDI. Travailler dans les assurances, c'est rejoindre l'une des branches les plus stables du marché du travail français. Ce guide couvre les métiers, les salaires, les formations et l'effet de l'intelligence artificielle sur les carrières.

Le marché de l'emploi pour travailler dans les assurances

Les sociétés d'assurance ont recruté 18 400 personnes en 2025, contre 20 100 en 2024. Le rythme recule de 8,6 %, mais le solde reste positif : les effectifs progressent de 0,6 %, selon le Baromètre prospectif de l'Observatoire de juin 2026. Deux moteurs l'expliquent : les départs à la retraite et la croissance des métiers du numérique. 

Parmi les personnes recrutées en 2024, 62,5 % ont signé un CDI, et les moins de 30 ans représentent 50,9 % des embauches. Les employeurs se répartissent en cinq familles : 

  • Les compagnies, souvent adossées à un groupe international. 
  • Les mutuelles, sociétés de personnes dirigées par leurs adhérents. 
  • Les bancassureurs, filiales des réseaux bancaires. 
  • Les cabinets de courtage, indépendants. 
  • Les agences générales, exploitées sous mandat exclusif. 

Les pôles d'emploi de l'assurance en France 

L'Île-de-France rassemble près de quatre salariés sur dix, pour 20 % de la population active. Trois autres régions sont surreprésentées parce que les mutuelles y ont installé leurs sièges, à commencer par Niort. 

Nombre de salariés par région française

Région 

Salariés 

Part 

Île-de-France 

62 000 environ 

38,4 % 

Nouvelle-Aquitaine (dont Niort) 

23 000 

14,3 % 

Pays de la Loire 

11 200 

6,9 % 

Auvergne-Rhône-Alpes (dont Lyon) 

10 600 

6,6 % 

Hauts-de-France 

9 300 

5,8 % 

Bretagne 

5 300 

3,3 % 

Cartographie des pôles d'emploi de l'assurance en France

Schéma représentant le nombre de salariés par région en France

Panorama des métiers de l'assurance

Deux tiers des salariés exercent un métier dit « cœur », lié directement à l'activité assurantielle. Un terme commun relie ces différentes fonctions : la sinistralité. Cela correspond à la fréquence et au coût des sinistres dans un portefeuille. C’est cet indicateur qui influence les tarifs. 

 

  • Le gestionnaire de sinistres est un professionnel de l'indemnisation : il instruit les déclarations et règle les dossiers.  
  • Le souscripteur est un spécialiste de l'analyse de risque. Il accepte un dossier, le tarife autrement ou le refuse. 
  • L'actuaire est un spécialiste en modélisation statistique. Son rôle consiste à déterminer les tarifs et à évaluer le provisionnement, c’est-à-dire les fonds réservés pour remplir les engagements futurs, selon le cadre prudentiel Solvabilité II 
  • Le courtier est un intermédiaire indépendant mandaté par le client pour comparer les offres et négocier. 
  • L'agent général est un mandataire exclusif d'une compagnie, qui exploite son agence en indépendant. 
  • Le conseiller clientèle développe et suit un portefeuille de particuliers ou de professionnels. 
  • Le chargé de conformité veille au respect des obligations réglementaires, la compliance. 
  • Le data scientist exploite les données pour affiner la tarification et détecter la fraude.  
  • Le chargé d'indemnisation traite les dossiers de prévoyance, de santé et d'arrêt de travail. 
  • L'inspecteur de réseau pilote la performance commerciale d'un ensemble d'agences. 

 

Schéma sur les 10 principaux métiers de l'assurance
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Travailler dans les assurances au quotidien

Edgar, alternant chez GAN Assurance à Quiberon 

Edgar Petrau Gay prépare un BTS Assurance en alternance chez GAN Assurance, à Quiberon. Ses journées tournent autour de la prospection et de la gestion des contrats du portefeuille. Les cours d'assurance de personnes et de biens, et l'anglais, sont ce qui lui sert le plus sur le terrain. 

L'alternance, c'est génial ! Ça permet de voir sur le terrain comment ça se passe et de vérifier si le métier nous plaît vraiment. L'expérience combinée au diplôme, c'est vraiment incroyable.

Edgar Petrau Gay, étudiant en BTS Assurance 

Il vise ensuite la mise en conformité et la lutte anti-blanchiment, deux domaines qu'il considère comme porteurs. 

 

Une journée type en gestion de sinistres 

Le métier suit un autre rythme. Sur un dégât des eaux dans un appartement loué, il faut identifier l'origine de la fuite, déterminer la responsabilité entre le locataire, le propriétaire et le syndic, puis appliquer la convention qui lie les assureurs. Viennent ensuite les appels aux assurés, la part que les étudiants anticipent le moins : la personne au téléphone attend une date et un montant, pas un article de contrat.

L'impact de l'IA sur les carrières dans l'assurance

  • Elle automatise la saisie des déclarations de sinistre. 
  • Elle lit et classe les pièces justificatives d'un dossier. 
  • Elle traite les demandes clients de premier niveau. 
  • Elle signale les anomalies pouvant relever de la fraude. 
  • Elle crée en retour des besoins en supervision d'algorithmes et en analyse de données. 

Depuis 2020, le secteur des systèmes d’information a connu une croissance de 26.1% de ses effectifs, représentant environ 3 400 emplois supplémentaires, et la proportion de cadres a augmenté de 45.8% à 53.6%.  

Une assurtech est une entreprise qui intègre les technologies numériques dans le domaine de l’assurance. Pour les candidats, cela implique que superviser un algorithme et expliquer des décisions automatisées sont devenus plus importants que simplement exécuter des tâches. 

L'intelligence artificielle absorbe une partie du travail existant et en fait apparaître un autre.

Grille des salaires pour travailler dans les assurances

La convention collective des sociétés d'assurances (IDCC 1672) fixe une rémunération minimale par catégorie basée sur un protocole d’accord. Il s’agit donc de seuils minimums mais les salaires réels sont généralement supérieurs, influencés par la taille de l’entreprise, l’emplacement géographique et la part variable.  

Classe Profils concernés Minimum annuel brut 
1 à 2 Postes d'entrée, débutants 22 230 € à 23 640 € 
Gestionnaire, téléconseiller confirmé 25 070 € 
Gestionnaire expérimenté, conseiller 29 720 € 
Souscripteur, conformité, premiers postes cadres 35 140 € 
Cadres confirmés, actuaires, managers 44 670 € 
Cadres supérieurs, experts seniors 60 690 € 

À noter : la classe 1 étant inférieure au SMIC annuel brut (22 404,20 € au 1er juin 2026), c'est le SMIC qui s'applique. 

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Les formations pour travailler dans les assurances

Le niveau de qualification monte : 78,8 % des salariés détiennent au moins un Bac+2, contre 67,7 % dix ans plus tôt. Plusieurs parcours mènent au secteur. 

  1. Le BTS Assurance (Bac+2) est un diplôme d'État de niveau 5, en deux ans et 120 crédits ECTS. C'est la voie la plus directe vers les postes de gestionnaire, de conseiller ou de collaborateur d'agence. Le BTS Assurance en alternance se prépare en apprentissage ou en contrat de professionnalisation. 
  2. Le BUT ou la licence professionnelle (Bac+3) approfondit la banque-assurance, la gestion de patrimoine ou la protection sociale. 
  3. Le bachelor banque-assurance (Bac+3) se prépare en un an après un BTS, le plus souvent en alternance. Il mène aux fonctions de chargé de clientèle sur portefeuille professionnel et à l'encadrement de proximité. 
  4. Le master en actuariat (Bac+5) forme aux métiers techniques. L'ENASS et l'université Paris-Dauphine figurent parmi les établissements de référence. 
  5. Les écoles de commerce et d'ingénieurs alimentent la direction, la gestion d'actifs et le pilotage des risques. 
  6. La VAE fait reconnaître un diplôme sans reprendre d'études, utile en reconversion interne. 
  7. Le CQP Conseiller Relation Client Assurance est une certification de branche délivrée en poste. 232 salariés l'ont obtenue en 2024. 

Pourquoi viser le Bac+3 ? Parce que ce niveau est plus demandé à l’embauche qu’il n’est présent dans les effectifs. Les titulaires d’un Bac+3 occupent 20.2% des postes du secteur mais représentent 26.4% des personnes recrutées dans l’année. Les entreprises en embauchent donc proportionnellement plus qu’elles n’en comptent déjà. Ces répartitions portent sur 2024, dernière année publiée par la branche.  

L’alternance reste la porte d’entrée la plus fréquente, et là, les chiffres sont récents. En 2025, les assureurs ont recruté 4 500 alternants, 7 100 étaient en poste au 31 décembre. Près de neufs contrats sur dix sont des contrats d’apprentissage. 

Compétences recherchées et perspectives d'évolution

Les offres du secteur font ressortir huit attentes, techniques et comportementales : 

  • La rigueur documentaire : une pièce manquante bloque un dossier des semaines. 
  • La maîtrise des outils de gestion et des environnements numériques. 
  • La lecture d'indicateurs simples, à commencer par la sinistralité. 
  • La connaissance du cadre réglementaire et des obligations de conformité. 
  • Les mécanismes contractuels : garanties, franchises, exclusions, plafonds. 
  • L'aisance relationnelle, au téléphone comme en rendez-vous. 
  • L'empathie dans les situations de sinistre, où l'assuré est en difficulté. 
  • L'anglais, dès que le poste touche la réassurance ou les grands comptes. 

Les passerelles existent : un gestionnaire de sinistres évolue vers référent technique puis responsable d'équipe, un souscripteur confirmé vers l'encadrement. En 2024, 10 900 salariés ont changé de métier dans leur entreprise.

Travailler dans les assurances : ce qu'il faut retenir

En 2025, le secteur a embauché plus de 18 000 personnes et 93,3% de ses employés bénéficient d’un CDI. Les métiers proposés couvrent un large éventail, allant de la relation client à la modélisation statistique, avec des salaires qui augmentent sensiblement à mesure que la complexité technique des tâches s’accroît. En outre, l’intelligence artificielle oriente le travail vers des fonctions d’analyse et de conseil plutôt que de les éliminer.  

Deux parcours se dessinent pour entrer dans le secteur : le BTS Assurance qui permet d’être opérationnel en deux ans et le Bachelor Banque-Assurance qui prépare à gérer un portefeuille professionnel ou à prendre des responsabilités d’encadrement. Dans les deux situations, l’alternance est le format privilégié pour rendre le diplôme le plus attractif aux yeux des recruteurs.  

Pour comprendre quels profils sont réellement recherchés, les offres d’emploi des membres de France Assureurs offrent une vision directe du marché. 

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Questions fréquentes

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